Faire un don | +237 654876234 | lesourireassociation@yahoo.com | Ngaoundéré, Cameroun

Production et transformation

Partager cet article

La nutrition est la « science qui manipule les nutriments »; mais on ne saurait parler de nutriments sans explorer en amont les aliments et plus encore leur production et leur transformation qui nous permettent d’être assurés qu’après la saison on aura en permanence de quoi garnir nos plats. C’est la consommation courante des aliments. La différence entre le volume de production et la consommation des aliments (produits agroalimentaires) nous donne la quantité destinée à la conservation (cas du séchage des aliments) ou la transformation (cas de la  fabrication du gari), de même que certains résidus de la consommation ménagère (patate bouillie séchée).  
Après  la déception des programmes d’ajustement structurels subis pour les filières des produits de rente, les cultures vivrières et maraîchères ont retrouvé leurs lettres de noblesse car les grands producteurs qui de café, qui de cacao, coton et autres ont transformé leurs plantations d’hier au profit des cultures vivrières pour survivre. Cette nouvelle ruée  a fait du Cameroun  depuis les années 90, la mamelle nourricière de toute l’Afrique centrale. Nous vendons aujourd’hui les produits de nos champs sans exception au Gabon, Centrafrique, Tchad, Nigéria, etc.
Tout cet engouement pour l’exportation est à encourager, seulement ce serait ne pas remarquer les quantités incommensurables de denrées qui dépérissent « de la récolte au champ jusqu’au consommateur final ». En effet, les pertes post-récoltes comme on les appelle se chiffrent souvent à plus de 80% pour certaines denrées périssables ; ce sont aussi très souvent ces mêmes denrées qui sont vendues à vil prix  pour s’en débarrasser au plus vite. Que d’efforts fournis pour si peu !  Alors devant de tels gâchis, pourquoi ne pas chercher à savoir comment transformer le produit pour en améliorer la conservation. Cette transformation donnera non seulement de la valeur ajoutée à votre produit mais aussi, un temps de conservation plus long, ainsi le producteur pourra maintenant négocier en toute quiétude les prix avec les acheteurs et imposer ses conditions.
D’un autre coté, il y a des transformations artisanales qui se font déjà comme le fumage-séchage du poisson, la transformation des céréales et tubercules en farine, etc. Mais  à une époque où on parle de globalisation des économies, d’ouverture des barrières commerciales, est-ce que nos produits seront concurrentiels sur le marché mondial ? Est-ce que notre façon d’obtenir le Gari ou le Mbounga peut convaincre un non Africain de le consommer ? Nous avons des mets traditionnels qui nécessitent un itinéraire culinaire particulier, pouvons nous produire de tels plats avec leurs exigences, tout en respectant les normes  internationales sur les produits de sorte à pouvoir les vendre aux frères de la diaspora ? (donc des produits qui respectent les exigences de qualité des produits qui entrent dans de tels pays).
Restons dans notre contexte, celui du Cameroun, il s’urbanise de plus en plus, les femmes, jadis simples ménagères, ont des nombreuses responsabilités professionnelles aujourd’hui ; pour ces catégories de personnes il faut pouvoir produire des aliments fonctionnels dans le strict respect de nos plats traditionnels, alors le champ de travail est vaste et les opportunités d’emploi ne manquent pas. Tout au contraire, la demande est forte, les marchés multiples mais pas les produits. Aider à résoudre cet épineux problème permettrait de donner un coup de pousse à l’équilibre de la balance économique « Offre = Demande ».
Nous comptons par cette dynamique associative, que sont les organisations de producteurs, de se fédérer pour qu’ensemble nous puissions améliorer la production sur le plan quantitatif et qualitatif, transformer, conserver et vendre les produits de leurs champs.

Scroll to top